Super Mario bros
Introduction
Nous partions de loin avec ce film, surtout après l’adaptation de 1993. A vrai dire, à l’annonce officielle du film, j’ai grincé des dents au début, l’aura du film de 1993 (voir cas d’école sur ce film) est revenue dans ma tête aussitôt. Par la suite, le 1er trailer et surtout le 2e , sont sortis dans la foulée, en octobre et novembre 2023
Mise en scène
Ce film est le fruit d’un travail et d’une réflexion considérable, même s’il semble basique dans son approche (une princesse, un méchant et un 3e acte)
Adapter ce type de produit peut vite devenir un casse-tête si on se précipite. Le film est là pour vendre un univers complet, de la nostalgie et des références sans perdre de vue que l’on a une histoire à raconter, et surtout un monde à créer, à rendre accessible et crédible, tout en prenant le parti de ne pas tout justifier (sinon cela aurait été casse-gueule)
Un exemple concret de brainstorming qui a du se dérouler : Quid des power-up ? Ils sont absents du film de 1993 (Oui, Nintendo a tellement souffert de ce film que ça a dû souvent être un outil de comparaison) mais pouvons-nous les mettre et où ? Dans New-York ? Au royaume champignon ? Et surtout doit on tout justifier comme beaucoup d’adaptations essaient de rendre crédibles et concrets des univers qui repoussent l’imaginaire, le raisonnable etc ?
Et la meilleure réponse à toutes ces questions est de ne pas s’en embarrasser, de devoir justifier la présence de boites magiques qui flottent au-dessus du ciel etc…. Bon bien sûr, la plupart des éléments cultes du jeu, obtiennent une justification utile dans le film (les tuyaux, les pièces etc…) et le meilleur atout de ce film est d’éviter les longues scènes d’exposition qui doivent tout justifier.
Et sur cette base, on nous offre un film court (1h23, hors crédits) au débit infernal. Quand je disais qu’ils s’étaient débarrassés de tout devoir d’introduction du monde, ils ont aussi esquivé toute scène d’exposition, ce que l’on doit apprendre à propos de l’univers ou des personnages, on l’apprendra dans l’action.
Autrement, la princesse n’est plus à sauver, dans cette histoire, le personnage à sauver est Luigi, prisonnier de Bowser, qui veut épouser la princesse. La princesse ne veut pas, et veut stopper Bowser. Voulant sauver son frère, Marion accompagne la princesse vers le sauvetage du royaume et de Luigi. Ils demandent de l’aide au royaume des Kongs et passent par une course de Kart, qui sera prétexte à un court échec/remise en question avant le 3E acte ou tout le monde gagne, leçons de vie incluse. (Franchement c’est comme ça que tu vis le film) parce que tes yeux et ton esprit sera dans les détails : les costumes, décors, accessoires de décors, easter eggs, références aux jeux, a l’univers de Nintendo et autres délices qui justifie encore sa raison d’être : un film généreux pour les fans. Pour vous dire, après peut-être une cinquantaine de visionnages d’agrément avec mes fils, je découvre encore de nouvelles petites surprises.
Super Mario bros est un beau film, les décors sont somptueux, riches, les couleurs sont belles, les costumes sont ultra détaillés comme le reste des textures, matières et éléments (bois, eaux colorées, jusqu’aux pneus des karts etc…)
L’animation est magnifique, rien que la course de karts est une masterclasse (une séquence hybride mi Mad-Max, mi-Michael Bay dans un arc en ciel de couleurs et nuages) les mouvements de caméra et transitions de cette séquence sont une pure réussite.
Le film nous offre aussi la séquence dont rêve tout joueur, celle qui lie vraiment le jeu vidéo au film, en mode gameplay, qui est très courte, une minute trente je crois, mais qui est un pur kif de fan. Le film a tout fait pour ne pas être une démo de jeu vidéo, il s’est pas mal affranchi de ça, mais a quand même tenu a nous offrir ce top-shot de malade !
Donc avec toutes ces qualités : un script simple facile à suivre, une richesse visuelle et de détails, des références à foison, une animation de très grande qualité en font un film quasi parfait, respectant ses promesses, on obtient une quasi-perfection, et c’est rare ! Merci !
Montage
Le montage est bon, les plans soufflent bien et les mouvements de caméra sont nombreux, inventifs et ne donnent pas mal au crane parce qu’ils ne sont pas coupés au hachoir et vraiment, même si le film va a toute vitesse, le montage est ironiquement aeré, laissant place aux mouvements de camera qu’aux coupes de plans.
Musique
Le travail de Bryan Tyler sur la musique de Koji Kondo est très bon. Déjà l’insertion des titres dans le film est subtile, organique, elle est faite en fonction des situations et s’invite même dans les objets du film (Toad qui joue de la flute un des thèmes, Bowser en joue un autre au piano)
Conclusion
Un exercice réussi !

